Quels cépages choisir pour une viticulture biologique en Wallonie ?
21 mars 2025
21 mars 2025
Avant de plonger dans les cépages, mettons en perspective les spécificités de la Wallonie :
Avec ces conditions, la vigne est régulièrement exposée au mildiou et à l’oïdium, deux fléaux qui poussent bon nombre de viticulteurs à utiliser des traitements, même en bio (par ex., bouillie bordelaise). Les cépages résistants sont donc essentiels à la réussite d’une viticulture biologique en région wallonne.
Traditionnellement, les cépages européens les plus connus (Vitis vinifera) comme le pinot noir ou le chardonnay, constitueraient un choix évident pour beaucoup de vignerons. Cependant, ces variétés demandent souvent une vigilance accrue et des interventions phytosanitaires importantes. Heureusement, depuis quelques décennies, de nouveaux cépages dits “résistants” ou PIWI (Pilzwiderstandsfähig, ou résistants aux champignons) apportent une alternative viable.
Ces cépages, bien que prisés des amateurs de vins fins, restent exigeants et peu résistants, ce qui complique leur culture en agriculture biologique sans traitements fréquents.
Pour répondre aux enjeux climatiques et environnementaux, un nouvel éventail de cépages résistants aux maladies a vu le jour. Ces cépages PIWI permettent de limiter drastiquement les traitements, tout en répondant aux attentes des consommateurs en termes de qualité.
En Wallonie, plusieurs vignerons adoptent ces cépages avec succès. Le vignoble des Agaises, par exemple, célèbre pour son effervescent Ruffus, utilise des cépages résistants pour limiter l’impact environnemental de ses pratiques.
Avant de planter, il est crucial d’établir un cahier des charges précis. En Wallonie, voici les critères essentiels pour choisir un cépage adapté :
En parallèle, l’essai de plusieurs cépages sur de petites parcelles permet d’ajuster son choix au fil des résultats obtenus.
La transition vers une viticulture plus durable en Wallonie repose grandement sur l’adoption de cépages résistants. Contrairement aux clichés, ces derniers n'ont rien à envier aux cépages classiques en matière de qualité aromatique. Ils représentent surtout une solution clé pour les vignerons bios, face à l’évolution climatique et aux attentes croissantes des consommateurs pour des vins respectueux de l’environnement.
Alors que certains conservateurs pourraient hésiter à abandonner des cépages traditionnels par peur de perdre l’authenticité, l’opportunité pour la Wallonie est réelle : allier innovation et terroir. Ces cépages résilients ne viennent pas remplacer la tradition, mais l’enrichir en proposant une viticulture en phase avec notre époque.
À vous, amateurs et passionnés, lorsqu’il s’agit de choisir une bouteille, pourquoi ne pas explorer les productions à base de ces cépages résistants ? Derrière chaque gorgée se cache un vigneron engagé qui a relevé le défi de travailler avec et non contre la nature.